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SENIORS 2 : C'EST TOUT VU !

3 avril 2018 - 20:09

Bonjour à tous et aux autres aussi.

La cinquantaine bien tapée j'ai découvert récemment qu'on peut être adepte des triples foyers sans être pour autant polygame. A la pétanque aussi, ce n'est pas parce qu'on vise bien que l'on tire mieux. Certes, j'ai mis quelques mois à m'habituer à ces lorgnons, à trébucher sur le trottoir comme une péripatéticienne débutante, à m'emmêler les pieds dans le tapis dans mon propre salon, à prendre des gants pour des chaussettes et vice versa. C'est quand j'ai compris que tout le monde me faisait la bise pour ne pas me serrer la main que j'ai demandé à mon lunetier d'intervenir une bonne fois pour toutes.

Et là j'ai découvert les verres progressifs ! Un foyer pour voir loin, un pour voir de près et un autre pour... sans doute te dire que t'es pas au bon endroit et qu'il faut avancer ou reculer pour une stabilisation du focus. Je n'avais, de ces verres progressifs, que de vagues souvenirs d'apéros menés tambour battant où les contenants (je ne parle pas ici de mes acolytes alcooliques) prenaient de l'ampleur au fil de tournées endiablées. Je me rappelle juste que, plus y avait de verres, plus je voyais flou. Je bois désormais avec beaucoup moins de virulence. Il semble que la science, elle aussi, ait fait quelques progrès.

Mais pourquoi vous parle-je ici de mes besicles ??? Ah oui le match de la réserve ce dimanche...

C'est chaussé de ces nouveaux accessoires et sans rater plus de trois marches pendant l'ascension ( un we de Pâques...) que j'ai gagné ma place en tribunes. J'ai constaté assez vite que le médiocre s'observe tout aussi finement en quasi 3D. L'avantage  c'est que l'on peut mettre un nom sur le coupable à l'autre bout du terrain. Pas encore suffisamment bien accroché à mes branches, je n'ai pas pris de notes afin de laisser aussi mes cervicales dans le coup.

C'est sur les coups justement de 16 heures (puisque je lis désormais l'heure sur le tableau d'affichage du terrain de rugby adjacent) que les choses ont pris une tournure à mon goût. Nos joueurs ont-ils marqué un but "barcelonien " ? Un joueur a t-il gratifié les spectateurs d'une papinade ? D'un retourné renversant ? Se sont-ils envolés au score ?.     Non. Le match de rugby à côté a commencé alors que nos footballeurs se voyaient dans le même temps menés au score. Vous connaissez peut-être la tendresse que j'éprouve pour ces rubipèdes embourbés, pour ces gazelles effilées et ces rhinos féroces. J'ai longtemps été l'un des leurs.

J'ai donc, je l'avoue et avec la complicité de mes nouvelles lunettes, délaissé du regard mon propre fils et ses compagnons de galère condamnés à courir après le ballon et le score. Et me suis régalé... En fait de pas grand chose, les rugbymen ayant sans doute décidé de ne pas, à l'instar de leurs congénères footeux, hausser, ni le rythme, ni le niveau.

J'ai appris sur le tard que nos valeureux réservistes avaient su relever la tête et terminer leur match sur un résultat nul mérité. J'ai fourbement regagné leur vestiaire pour les féliciter et leur affirmer avec des trémolos dans la voix que la persévérance finit toujours pas payer. Je crois qu'ils m'ont trouvé sincère.

J'ai appris, le lendemain dans la presse locale, la déroute des rugbymen saint-pierrois.

J'ai osé, tard le soir, me regarder dans la glace après avoir ôté mes lunettes. Je ne voulais sans doute pas voir par le détail le traître qui, vue l'heure avancée, sommeillait encore et déjà en moi. Je me suis juste un peu moins détesté en me disant que l'amour est visiblement aveugle.

Bonne semaine à tous et aux autres aussi.

A très vite.

jean

 

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